Un jour, une agence de communication nous appelle. Elle nous a trouvés sur Google. Elle a un gros client, mais elle ne peut pas encore nous dire lequel.
Le brief : reproduire un faux journal télévisé situé 25 à 30 ans dans le futur, où des présentateurs commentent les technologies de demain et l’évolution des grands sujets écologiques. Le film doit être projeté lors d’un séminaire, devant les invités de la marque.
Le problème : des devis qui explosent avant même le tournage
L’agence avait déjà consulté. Et elle était découragée.
Toutes les propositions reçues partaient du même principe : pour montrer un plateau télé du futur, il faut construire ce plateau du futur en 3D. Modélisation, textures, éclairage virtuel, rendu. Puis seulement ensuite, tourner avec des comédiens et intégrer le tout.
Résultat : des devis colossaux. Le budget du décor dépassait largement celui du film lui-même.
Notre réponse : ne rien construire du tout
Nous venions de tourner un faux JT entre amis, pour le plaisir — Infos 00, une parodie de journal télévisé. Un set minimaliste, filmé sur fond vert, et tout le décor ajouté après coup, à l’incrustation.
Alors plutôt que de défendre une méthode à l’oral, nous avons envoyé le lien à l’agence : regardez, et dites-nous ce que vous en pensez.
Rappel le lendemain : « C’est parfait. »
Parce que le raisonnement tient en une phrase : sur un plateau télé, le décor n’existe que dans le cadre. Un mur de LED futuriste, un habillage, une baie vitrée donnant sur une ville de 2050 — rien de tout cela n’a besoin d’exister dans la pièce. Il suffit que la lumière soit cohérente et que le fond soit propre. Le reste se fabrique en post-production.
Concrètement, nous avons composé le décor à partir de plusieurs éléments d’habillage de plateau TV, recomposés, retouchés, recolorés à la charte du client et retypographiés, jusqu’à obtenir un plateau qui n’appartenait qu’à ce projet. Le résultat à l’image est celui d’un décor sur mesure. Le coût, lui, n’a rien à voir.
C’est ce que nous appelons une solution économique : pas un film au rabais, un film où l’argent va là où ça se voit.
Le client était Volvo France
Devis envoyé. Validé le surlendemain. Et c’est à ce moment-là que l’agence nous a confirmé le nom du client : Volvo France.
La commande comprenait deux livrables : le faux JT, tourné sur fond vert et monté avec son décor incrusté ; et un jingle d’ouverture pour la convention, projeté sur un dispositif d’écrans à 180 degrés au moment où les invités s’installaient.
Le jingle : 20 à 30 secondes pour poser une ambiance
Volvo nous a transmis un dossier d’images et d’éléments de marque. À partir de là, nous avons proposé un moodboard avec deux ou trois directions : ambiances, typographies, codes couleur.
Validation immédiate sur l’une des pistes. Puis fabrication : plusieurs animations en parallaxe combinées, les photos du client intégrées dans la profondeur, un habillage de titres, et une musique à l’ambiance futuriste.
Vingt à trente secondes. Validées du premier coup par l’agence, puis par le client.


Le tournage : une demi-journée, deux personnes derrière la caméra
Le JT a été tourné sur le fond vert de notre studio d’Asnières-sur-Seine, aux portes de Paris.
Répartition simple : un chef opérateur à la caméra et à la lumière, pendant que nous nous concentrions entièrement sur la réalisation et la direction de la présentatrice. C’est tout l’intérêt d’être deux — le réalisateur n’a pas à choisir entre regarder son cadre et regarder sa comédienne.
La présentatrice avait été choisie directement par Volvo : une habituée des salons et des séminaires, parfaitement à l’aise face caméra. Peu de direction à donner, de l’intelligence de jeu, des prises propres.
Nous savons aussi travailler avec des intervenants qui ne sont pas comédiens, qui bloquent ou qui lisent mal — c’est même l’essentiel de notre métier. Mais quand une professionnelle arrive préparée, une journée de tournage devient très simple.



Le résultat
Le décor incrusté a été validé sans retouche majeure. Le séminaire s’est très bien passé : bons retours sur les visuels et les animations, et le faux JT projeté sur les écrans panoramiques a produit exactement l’effet recherché.
Le client était content. L’agence aussi. Et de notre côté, c’est la seule chose qui compte vraiment.





Ce que ce projet raconte de notre façon de travailler
Un décor cher n’est pas toujours un meilleur décor. La bonne question n’est pas « combien coûte ce décor », mais « qu’est-ce qui doit vraiment exister devant la caméra ».
Un fond vert bien éclairé vaut tous les plateaux. Tout ce que vous voyez derrière la présentatrice a été ajouté après — et personne, dans la salle, ne s’est posé la question.
Un seul interlocuteur du brief à la livraison. Le studio, la réalisation, le tournage, le montage et l’habillage : la même maison. Pas de chaîne de sous-traitance, pas de marge à chaque étage.
Le tournage raconté par le réalisateur
Vous avez un projet de ce genre — un faux plateau, une émission, un film à fabriquer en post plutôt qu’en décor ? Parlez-nous-en, ou regardez nos autres films publicitaires et films d’entreprise.

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